Témoignages extraits des bilans rédigés par les familles d’accueil

 

« Il a été placé à l’âge de deux mois dans l’orphelinat qu’il quittera l’an prochain pour un autre, ouvert aux enfants de 8 à 16 ans. Les premières semaines, il terminait tous ses repas, copieux, par un gros morceau de pain. Maigrichon, il avait été guéri en 1998 d’une tuberculose, apparemment sans séquelles. Sa première demande : apprendre à faire du vélo. Ses besoins affectifs : immenses. Son drame : l’absence d’homme dans sa vie (il  ne m’a pas lâché pendant les deux mois). Son intégration dans la famille : totale et immédiate ».

 

« Au bout d’une semaine, j’ai dû me fâcher, car elle refusait que mon mari l’approche. Vers la fin du séjour, blottie dans ses bras, elle nous a raconté qu’elle avait vu son père essayer de tuer sa mère ».

 

« Sa grand-mère maternelle s’est occupée de lui jusqu’à son décès et lui a appris à survivre en allant faire les marchés et surtout du marché noir. Il est entré à l’orphelinat à sa mort. C’est un enfant très intelligent et débrouillard, mais méfiant, craintif, boudeur. Il s’est toutefois intégré peu à peu à notre mode de vie ».

 

« Le début de son séjour a été difficile. Il est resté prostré pendant 48 heures en pleurant beaucoup. Grâce à l’accompagnatrice, nous avons appris qu’il avait été séparé de son frère plus âgé placé dans le même orphelinat. Il s’est ensuite très vite habitué à notre rythme et, après trois semaines, il a commencé à parler en français et en ukrainien. Nous avons été surpris au début de la quantité de nourriture qu’il arrivait à avaler, mais la qualité lui importait peu. Il affectionnait surtout ce qui fait les joies de la cuisine militaire (pain, pâtes, gâteaux secs, confiture, etc.). A la fin du mois d’août, il était parfaitement intégré ».

 

« La dernière semaine, il s’est remis à manger énormément et à mettre des provisions dans son sac. Devant notre étonnement, il nous a dit : « Beaucoup manger maintenant, après pas manger ! ». par contre, la veille du départ, il n’a rien pu avaler. Il a fait un tri parmi les vêtements et les cadeaux qu’il avait reçus et nous a dit en faisant le geste de dérober : « Pas Ukraine. Année prochaine ! ».